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Société

Sectes et faux pasteurs : l'État hausse le ton

Le ministère de l'Intérieur réunit cultes et autorités coutumières pour endiguer les dérives religieuses.

Le gouvernement gabonais passe à l'offensive contre la multiplication anarchique des lieux de prière et le charlatanisme. Ce mardi 21 juillet, le ministère de l'Intérieur a réuni responsables d'églises, chefs coutumiers et représentants des cultes traditionnels autour d'une même table. Objectif affiché : remettre de l'ordre dans un secteur devenu difficile à contrôler.

Réunion institutionnelle entre autorités religieuses et représentants de l'État au Gabon
Responsables d'églises, cultes traditionnels et autorités coutumières réunis à l'initiative du ministère de l'Intérieur, le 21 juillet 2026.

Un constat partagé a motivé cette rencontre : des lieux de culte poussent un peu partout, souvent sans aucun encadrement, et certains individus profitent de la crédulité de fidèles fragilisés. Le ministère de l'Intérieur a choisi de ne pas agir seul. Il a mis autour de la table ceux qui connaissent le terrain religieux gabonais de l'intérieur.

Qui était présent, et pourquoi

Églises établies, cultes traditionnels et autorités coutumières ont répondu présents. Ce choix n'est pas anodin : associer les acteurs légitimes du paysage spirituel gabonais, c'est chercher une solution qui vienne aussi du terrain, et pas seulement d'une circulaire administrative. Le gouvernement veut distinguer les pratiques religieuses reconnues des dérives qui nuisent aux populations.

Le terme de charlatanisme revient souvent dans les témoignages recueillis ces derniers mois : guérisseurs autoproclamés, promesses de miracles monnayées, exploitation de la détresse de familles en difficulté. Ces pratiques ne relèvent pas de la liberté de culte, garantie par la loi gabonaise, mais de l'escroquerie pure et simple lorsqu'elles s'accompagnent d'extorsion.

Ce que cette réunion doit produire

Selon nos informations, cette concertation du 21 juillet est une première étape. Elle doit permettre de poser un diagnostic commun avant d'envisager un encadrement plus strict de l'ouverture des lieux de culte. Aucune mesure coercitive n'a pour l'instant été annoncée publiquement ; la démarche privilégie, à ce stade, le dialogue avec les représentants religieux eux-mêmes.

Pour les familles gabonaises confrontées à des pratiques suspectes, ce signal politique compte. Beaucoup de plaintes informelles circulent depuis des années sans qu'une réponse structurée n'ait été apportée. La tenue de cette réunion à l'initiative du ministère de l'Intérieur marque une prise en charge institutionnelle du sujet.

Et maintenant ?

La suite dépendra des mesures concrètes qui découleront de ces échanges : critères d'enregistrement des lieux de culte, mécanismes de signalement, voire sanctions pour les abus avérés. Rien n'est encore tranché. Mais le fait que l'État, les églises et les gardiens de la tradition se soient assis à la même table est, en soi, un pas vers un encadrement plus clair du fait religieux au Gabon.

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