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Société

Santé : Akanda a son centre médical, et les villages ?

Un nouveau centre médical sort de terre à Akanda, pendant que des dispensaires ruraux tombent en ruine.

La ministre de la Santé a inspecté le chantier du futur centre médical du Cap Estérias, à Akanda. Un projet qui muscle l'offre de soins dans le Grand Libreville. Mais dans les villages de l'intérieur, des dispensaires ferment ou survivent sans médecin. La question mérite d'être posée franchement.

Chantier de construction d'un centre médical à Akanda, au Gabon
Le futur centre médical du Cap Estérias, à Akanda, en cours de construction.

La scène s'est jouée à Akanda. La ministre de la Santé s'est rendue sur le chantier du futur centre médical du Cap Estérias, un nouvel équipement destiné à renforcer l'offre de soins dans la périphérie de Libreville.

Sur le papier, la démarche est logique. La capitale et ses environs concentrent une bonne partie de la population gabonaise. Ajouter un centre médical dans une zone en pleine expansion urbaine répond à un besoin réel.

Le contraste qui interroge

Mais cette visite officielle, largement mise en avant, tranche avec une réalité moins photogénique : celle des dispensaires ruraux, souvent sans médecin, parfois sans médicaments, dans des villages où le centre de santé le plus proche peut être à des heures de piste.

Ce n'est pas la première fois que le sujet revient. Depuis plusieurs années, des voix s'élèvent pour rappeler que l'urgence sanitaire du Gabon ne se joue pas seulement à Libreville. Dans l'intérieur du pays, une femme qui accouche, un enfant qui fait une crise de palu, un accident de la route : chaque minute compte, et le premier secours n'est souvent qu'un dispensaire à bout de souffle.

Ce que ça change, ou pas, pour les Gabonais

Le centre médical d'Akanda, une fois livré, profitera d'abord aux habitants du Grand Libreville. C'est un plus, pas un problème en soi.

La vraie question, posée par cette actualité, est celle des priorités budgétaires. Faut-il continuer à investir massivement dans la capitale, où l'offre de soins existe déjà, plutôt que de consolider un réseau de dispensaires ruraux qui, eux, ferment ou se dégradent ?

À ce stade, aucun chiffrage officiel sur l'état réel des dispensaires ruraux n'a été communiqué par le ministère. Le débat reste donc ouvert, et légitime.

À suivre

La livraison du centre médical du Cap Estérias donnera une indication concrète du calendrier gouvernemental. Reste à savoir si un effort comparable sera annoncé pour les zones rurales, où l'accès aux soins demeure, selon plusieurs témoignages recueillis sur le terrain, le premier problème du quotidien.

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