La culture, moteur du développement selon Ike Ngouoni
Un expert gabonais affirme que sans récit culturel fort, aucune transformation économique ne tient durablement.
Dans une tribune consultée par notre rédaction, Ike Ngouoni Aila Oyouomi, président du cabinet de conseil stratégique AILA, défend une idée simple mais radicale : la culture n'est pas un supplément d'âme, c'est le socle sur lequel repose tout projet de développement. Selon lui, ce n'est pas l'argent qui manque le plus au Gabon, mais un récit collectif capable de donner sens aux efforts.

Une thèse qui bouscule les habitudes
Ike Ngouoni pose une question dérangeante : et si le vrai frein au progrès n'était ni budgétaire, ni technique ? Pour ce président de cabinet de conseil stratégique, les infrastructures routières, les usines et les plans quinquennaux ne suffisent pas s'ils ne s'appuient sur aucune identité partagée.
Son argument tient en une formule : « la culture n'est pas un luxe, c'est l'infrastructure de tout le reste ». Autrement dit, avant de construire des ponts, il faudrait construire un imaginaire commun qui donne du sens à l'effort collectif.
Ce que cela changerait concrètement
Cette approche invite à repenser la place de la culture dans les politiques publiques gabonaises : non plus comme un secteur annexe logé dans un seul ministère, mais comme un levier transversal, au même titre que l'éducation ou les infrastructures routières. L'idée n'est pas nouvelle dans le débat international sur le développement, mais elle reste rarement portée avec cette insistance au Gabon.
Concrètement, cela pourrait se traduire par un soutien renforcé aux industries créatives, à la valorisation du patrimoine et des langues locales, ou encore à des récits nationaux capables de mobiliser les Gabonais autour de projets communs — qu'il s'agisse de diversification économique ou de transition écologique.
Une piste, pas encore une politique
À ce stade, cette tribune reste une contribution intellectuelle, non une annonce officielle. Aucune mesure gouvernementale n'a été confirmée en ce sens. Elle s'inscrit néanmoins dans un débat plus large sur la manière de faire tenir ensemble croissance économique et cohésion sociale.
Reste à savoir si cette vision trouvera un écho concret dans les prochains arbitrages budgétaires ou culturels de l'État gabonais.
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