Gabon : une tribune appelle à transformer ses ressources sur place
Une tribune publiée ce week-end pose la transformation locale comme condition de la souveraineté économique voulue par la Ve République.
Exporter du bois brut, du manganèse brut, du pétrole brut : le Gabon connaît ce schéma depuis des décennies. Une tribune signée par un géopolitologue, le duo mettant en avant Jonathan Ndoutoume, remet ce sujet sur la table. Leur constat : sans transformation locale, pas de vraie souveraineté économique.

Le constat d'un modèle à bout de souffle
Le Gabon vend surtout des matières premières brutes. Pétrole, manganèse, bois : l'essentiel part sans être travaillé sur place. C'est le point de départ de la tribune publiée récemment, qui interroge ce modèle à l'heure où la Ve République dit vouloir bâtir une économie moins dépendante des exportations brutes.
Les auteurs parlent de levier stratégique. L'idée : transformer davantage sur le sol gabonais plutôt que d'expédier la matière première vers des usines étrangères qui, elles, captent la valeur ajoutée.
Ce que ça changerait concrètement
Transformer localement, c'est créer des emplois industriels, pas seulement des emplois d'extraction. C'est aussi garder plus de richesse dans le pays au lieu de la voir partir avec les cargos. Le manganèse brut ne vaut pas grand-chose face au manganèse raffiné ou allié. Même logique pour le bois : une grume exportée rapporte bien moins qu'un meuble ou un contreplaqué fabriqué à Libreville ou Owendo.
Cette question de la transformation locale n'est pas nouvelle au Gabon. Elle revient à chaque cycle politique, souvent citée mais rarement menée jusqu'au bout à grande échelle. La tribune la replace dans le contexte de la Ve République, née de la transition conduite par le président Brice Oligui Nguema, qui affiche l'ambition d'une économie plus souveraine.
Une opinion, pas une décision
Il faut le rappeler : ceci reste une tribune, donc un point de vue d'auteurs, pas une annonce gouvernementale ni une mesure actée. Aucun calendrier, aucun chiffre officiel n'accompagne ce texte pour l'instant. D'après nos informations, le débat sur l'industrialisation des filières extractives reste ouvert au Gabon, entre volonté affichée et mise en œuvre concrète.
Reste une question simple pour les Gabonais : est-ce que la prochaine étape de la Ve République ira au-delà des discours sur la transformation locale ? La tribune, elle, pose le débat sur la table.
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