Drépanocytose : le dépistage des bébés toujours pas généralisé au Gabon
Faute d'un test systématique à la naissance, le diagnostic de cette maladie du sang arrive souvent trop tard.
Elle touche le sang, elle est génétique, et elle frappe parfois dès les premiers mois de vie. Pourtant, aucun dépistage systématique de la drépanocytose n'est encore instauré à la naissance au Gabon. Résultat : des familles découvrent la maladie sur le tard, quand les premières crises sont déjà là.

La drépanocytose, c'est cette maladie génétique qui déforme les globules rouges. Ils prennent une forme de faucille au lieu d'être ronds, bloquent la circulation du sang et provoquent des douleurs violentes, parfois des complications graves. Au Gabon, elle reste un problème de santé publique majeur, mais elle se dépiste encore trop rarement à temps.
Un test qui existe, mais pas pour tous
Le principe est simple : une goutte de sang prélevée au talon du bébé, dans les jours qui suivent sa naissance, permet de savoir s'il est porteur. Ce dépistage précoce est considéré ailleurs comme un outil essentiel pour anticiper les crises et démarrer un suivi médical avant l'apparition des premiers symptômes.
Or, selon nos informations, cet examen n'est toujours pas généralisé à l'échelle nationale. Beaucoup de nouveau-nés gabonais quittent la maternité sans savoir s'ils portent la maladie. Le diagnostic tombe alors bien plus tard, souvent après une première crise douloureuse, quand les parents comprennent enfin ce qui frappe leur enfant.
Ce que ce retard change pour les familles
Un diagnostic tardif, c'est du temps perdu. Le temps de mettre en place une alimentation adaptée, une surveillance médicale, des traitements préventifs qui limitent les crises. Pour un nourrisson drépanocytaire, ces premiers mois sans suivi peuvent peser lourd sur toute son enfance.
L'enjeu dépasse le cas individuel : sans dépistage systématique, impossible de savoir combien de bébés naissent réellement porteurs chaque année au Gabon, ni de bâtir une politique de prise en charge à la hauteur du problème. C'est cette absence de données fiables, autant que l'absence de test, qui retarde une réponse nationale à la maladie.
Cette information mérite d'être suivie : nous chercherons à savoir si une généralisation du dépistage néonatal figure dans les projets des autorités sanitaires.
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