Diplômés mais pas prêts : le vrai problème de nos écoles
Un savoir-être négligé pèse autant qu'un diplôme sur la performance du pays, selon une analyse publiée ce mois-ci.
Le Gabon mise sur de nouvelles infrastructures universitaires, comme à l'USE au Cap Estérias. Mais un bâtiment neuf ne suffit pas si le contenu des cours reste inchangé. Selon une analyse relayée ces derniers jours, le vrai chantier est ailleurs : dans la manière d'enseigner, pas seulement dans les murs.

Le constat est simple : un diplôme ne garantit pas la performance. Rigueur, ponctualité, esprit d'équipe, sens des responsabilités — ce qu'on appelle le savoir-être — compteraient autant que les connaissances théoriques dans la réussite professionnelle. C'est l'angle défendu par une analyse publiée récemment, qui interroge la réforme en cours du système éducatif gabonais.
Des murs neufs, un contenu à revoir
L'Université des Sciences de l'Éducation (USE), en construction au Cap Estérias, est présentée comme une pièce maîtresse du redressement national par le capital humain. Les infrastructures avancent. Mais l'analyse pointe un risque : investir dans le béton sans transformer les programmes reviendrait à « un exercice de style ».
Le système éducatif gabonais aurait longtemps privilégié la restitution de savoirs théoriques au détriment des compétences comportementales. Résultat : des diplômés parfois mal préparés aux exigences concrètes du monde du travail, qu'il s'agisse de l'administration, des entreprises ou des services publics.
Ce que ça changerait pour les Gabonais
Si cette approche du savoir-être était réellement intégrée aux cursus, l'effet attendu serait direct : des jeunes diplômés plus opérationnels dès l'embauche, moins de décalage entre formation et emploi, et des employeurs — publics comme privés — gagnants sur la productivité. C'est tout l'enjeu d'une réforme qui ne se limiterait pas à l'immobilier universitaire.
À ce stade, il s'agit d'une analyse et non d'une décision officielle annoncée par le ministère de l'Éducation. Une seule source évoque ce constat pour le moment, la prudence reste donc de mise sur la portée exacte de ces changements de contenu pédagogique. Reste que le débat est posé : la performance nationale ne se joue pas qu'à l'entrée de l'université, elle se joue aussi dans ce qu'on y enseigne vraiment.
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