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Économie

Carburant : la BEAC veut un hydrocraqueur pour la Sogara

La banque centrale pousse le Gabon à moderniser sa raffinerie pour arrêter d'importer ce qu'il produit déjà.

Le Gabon extrait son pétrole, mais importe l'essentiel de son carburant raffiné. La BEAC recommande d'équiper la Sogara, à Port-Gentil, d'un hydrocraqueur pour inverser la tendance. Une piste technique, pas encore un chantier lancé.

Installations industrielles de la raffinerie Sogara à Port-Gentil
La raffinerie Sogara, à Port-Gentil, traite le brut gabonais mais manque d'un hydrocraqueur pour produire plus de carburants raffinés.

Le constat tient en une phrase : le Gabon produit du brut, mais roule à l'essence importée. Un paradoxe que la Banque des États de l'Afrique Centrale veut voir corrigé à Port-Gentil, au cœur même de la raffinerie Sogara.

Un appareil qui manque à la chaîne

Selon la recommandation de la BEAC, la solution passe par l'acquisition d'un hydrocraqueur. Concrètement, c'est une unité industrielle capable de transformer les résidus lourds du pétrole brut en carburants plus légers et plus utiles : essence, diesel, kérosène. Sans cet équipement, une raffinerie reste limitée dans ce qu'elle peut tirer d'un baril.

La Sogara, qui traite le brut gabonais depuis Port-Gentil, n'en dispose pas aujourd'hui. Résultat : une partie de la demande nationale en carburants raffinés continue d'être couverte par des achats à l'étranger, alors même que la matière première sort du sous-sol gabonais.

Pourquoi maintenant

La recommandation arrive dans un climat de tensions internationales qui fragilisent les circuits d'approvisionnement en produits pétroliers. Miser sur une capacité locale de transformation, c'est réduire l'exposition du pays aux à-coups des marchés mondiaux et aux aléas logistiques.

Pour un pays producteur, dépendre des importations pour remplir ses propres cuves n'a rien d'anecdotique. C'est une facture en devises, une vulnérabilité en cas de crise, et un manque à gagner sur la valeur ajoutée qui pourrait rester au Gabon.

Ce que ça changerait, si le projet avance

À ce stade, il s'agit d'une recommandation, pas d'un investissement acté. Aucune source ne précise encore de calendrier, de coût ou de financement pour cet hydrocraqueur.

Mais le sens du message est clair : moderniser la Sogara pourrait, à terme, rapprocher le Gabon de son autosuffisance en carburants raffinés. De quoi peser moins lourd sur la balance commerciale et sécuriser l'approvisionnement des stations-service du pays. Reste à voir qui portera le financement et sur quel délai — un dossier à suivre.

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