Sénégal : le président du Parlement menace de renverser le gouvernement
Ousmane Sonko brandit la motion de censure contre l'exécutif de son ancien allié Bassirou Diomaye Faye.
Coup de tonnerre politique à Dakar. Le président de l'Assemblée nationale sénégalaise, Ousmane Sonko, a menacé lundi de faire tomber le gouvernement, par motions de censure, « autant de fois que nécessaire ». Une attaque frontale contre son ancien allié devenu chef de l'État, Bassirou Diomaye Faye.

Ambiance électrique à Touba. Ce lundi 13 juillet, Ousmane Sonko a haussé le ton contre le pouvoir en place. Sa cible : le président Bassirou Diomaye Faye, qu'il a lui-même porté au sommet de l'État il y a un peu plus d'un an.
Une rupture qui s'affiche au grand jour
« Il faut que les Sénégalais sachent qu'ils ne sont nullement la préoccupation de Bassirou Diomaye Faye », a lancé Sonko, selon des propos rapportés. Une phrase choc, venant de l'homme qui préside aujourd'hui l'Assemblée nationale.
Car Ousmane Sonko n'est pas un opposant ordinaire. Ex-Premier ministre, ancien opposant numéro un au régime précédent, il a gravi tous les échelons du pouvoir sénégalais avant de se retrouver, aujourd'hui, en position de fragiliser celui qu'il a contribué à installer.
La menace : des motions de censure en série
Avec son parti, Sonko dispose d'une large majorité au Parlement sénégalais. Une arme redoutable : la motion de censure, qui permet de renverser un gouvernement par un simple vote des députés.
Sa promesse : y recourir « autant de fois que nécessaire ». Autrement dit, une pression permanente sur l'exécutif, tant que ses attentes ne seront pas satisfaites.
Pourquoi cette crise regarde aussi le Gabon
Cette fracture entre les deux têtes de l'ancienne coalition sénégalaise illustre un scénario classique en Afrique de l'Ouest et centrale : l'union des opposants d'hier ne garantit jamais l'harmonie des gouvernants de demain.
Pour le Gabon, engagé dans sa propre reconstruction institutionnelle depuis la Transition, l'épisode sénégalais rappelle une évidence : la stabilité d'un exécutif dépend autant de l'entente entre alliés que des urnes elles-mêmes. Un fil à suivre de près, tant Dakar reste une référence démocratique regardée sur tout le continent.
À ce stade, aucune motion de censure n'a encore été déposée. Selon nos informations, la situation reste évolutive à Dakar.
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