EN DIRECTL'actualité du Gabon en continu, vérifiée et mise en perspective.
← Économie

Salaires publics : pourquoi les décrets ne suffisent pas

Plafonner les PCA et les DG, oui. Mais le vrai nœud de la rémunération publique reste ailleurs, plaide un haut fonctionnaire.

Depuis des années, l'État plafonne les salaires des présidents de conseils d'administration et des directeurs généraux. À chaque nouveau texte, l'espoir d'une moralisation renaît. Sauf que le mal persiste. Et le problème, écrit un haut fonctionnaire, n'est peut-être pas celui qu'on croit.

Bâtiment administratif à Libreville avec drapeau gabonais, illustration du débat sur les salaires publics
À Libreville, la question des rémunérations publiques revient à chaque nouveau décret.

Le décret, cet éternel recommencement

Depuis de nombreuses années, l'État gabonais encadre les rémunérations des présidents de conseils d'administration (PCA) et des directeurs généraux (DG) des entreprises publiques. Textes après textes, décrets après décrets.

À chaque fois, le même scénario : l'espoir d'une moralisation de la vie publique renaît. À chaque fois, le constat revient : le mal persiste. Un haut fonctionnaire signe une tribune qui pose une question simple. Pourquoi tant de textes pour si peu de résultats ?

Sa réponse tient en une phrase : le problème n'est pas là où on le regarde.

Plafonner le haut ne règle pas tout

Plafonner les têtes d'affiche, c'est visible. C'est politique. C'est ce qui se raconte. Mais la masse salariale publique ne se résume pas aux seuls PCA et DG.

Derrière les plafonds affichés, c'est tout l'édifice des rémunérations qui reste à remettre à plat : primes, indemnités, avantages en nature, structures d'entreprises publiques multiples et empilées. Autant de lignes qui échappent souvent au décret, et qui pèsent bien plus lourd dans la facture finale.

Le nœud, écrit-il en substance, est là. Pas dans le chiffre inscrit en haut du texte.

Ce que ça change pour le Gabonais

La rémunération publique, c'est l'argent de l'État. Donc l'argent du contribuable. Chaque décret qui ne produit pas d'effet réel, c'est un espoir de moralisation qui retombe — et une défiance qui monte.

Pour le citoyen, l'enjeu est concret : moins de dérives salariales, c'est plus de marges pour les services publics, les routes, les écoles, la santé. Le débat n'est pas comptable. Il est politique, au sens noble.

Le message de cette tribune est clair : sans toucher à l'architecture complète des rémunérations — et pas seulement au sommet —, les décrets resteront des effets d'annonce. Ce qui se joue, c'est la crédibilité de l'action publique elle-même.

À lire aussi