EN DIRECTL'actualité du Gabon en continu, vérifiée et mise en perspective.
Politique

Pegasus : le Maroc aurait espionné le clan Bongo et Jean Ping

Une enquête évoque une surveillance téléphonique visant Noureddin Bongo, Brice Laccruche Alihanga et Jean Ping après l'AVC d'Ali Bongo.

Une enquête sur le logiciel espion Pegasus met en cause les services de renseignement marocains. Selon ces révélations, plusieurs figures politiques gabonaises auraient été ciblées au plus fort de la crise de succession ouverte en 2018. Une seule source documente ces faits pour l'instant, à prendre avec prudence.

Smartphone stylisé évoquant une surveillance numérique
Le logiciel espion Pegasus est visé par une nouvelle enquête concernant le Gabon.

Le nom qui revient : Pegasus. Ce logiciel espion, capable d'aspirer messages, appels et localisation d'un téléphone sans que son propriétaire s'en aperçoive, aurait été utilisé par les services marocains pour surveiller trois personnalités gabonaises de premier plan.

Trois cibles, une période charnière

Selon l'enquête, Noureddin Bongo Valentin, Brice Laccruche Alihanga et Jean Ping auraient été placés sous écoute électronique. La période visée correspond à l'automne 2018, quand le président Ali Bongo Ondimba est victime d'un accident vasculaire cérébral à Riyad. Cet épisode ouvre alors une crise de succession qui agite Libreville pendant plusieurs mois, entre rumeurs sur l'état de santé du chef de l'État et bras de fer feutré autour du pouvoir.

Noureddin Bongo Valentin, neveu du président, occupe alors une position d'influence croissante dans l'entourage présidentiel. Brice Laccruche Alihanga est directeur de cabinet, homme fort du sérail. Jean Ping, opposant historique et candidat malheureux à la présidentielle de 2016, reste une voix qui compte dans le paysage politique gabonais. Trois profils différents, mais tous en position d'observer ou de peser sur la succession en cours.

Ce qu'on ne sait pas encore

L'information provient d'une seule enquête journalistique pour l'instant. Aucune confirmation officielle, ni du côté marocain ni du côté gabonais, n'est venue étayer ces révélations. Les motivations exactes de cette éventuelle surveillance — rivalités régionales, intérêts diplomatiques, ou simple collecte de renseignement dans un moment d'incertitude politique — ne sont pas détaillées.

Ce type d'accusation n'est pas une première pour Pegasus. Le logiciel, développé par une société israélienne, a déjà été pointé du doigt dans plusieurs pays pour avoir visé des chefs d'État, des journalistes ou des opposants. Le Maroc lui-même a été cité dans d'autres dossiers d'espionnage ces dernières années, sans jamais reconnaître ces pratiques.

Et maintenant ?

Si ces faits se confirmaient, ils relanceraient la question de la sécurité des communications au sommet de l'État gabonais, à un moment particulièrement sensible de son histoire récente. Pour l'heure, ni Noureddin Bongo Valentin, ni Brice Laccruche Alihanga, ni Jean Ping n'ont réagi publiquement à ces révélations. Tam-Tam suit ce dossier et complétera l'information dès que de nouveaux éléments seront disponibles.

À lire aussi