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Obsèques au Gabon : le cri d'un ancien DG contre les dérives

Une tribune interroge pourquoi on dépense des fortunes pour enterrer les morts, si peu pour soigner les vivants.

Un ingénieur retraité de l'aviation, ancien directeur général de l'ANAC, publie une tribune qui dérange. Son constat : les Gabonais soignent leurs morts mieux que leurs vivants. Derrière les rites funéraires traditionnels, il pointe des excès devenus la norme.

Scène de cérémonie funéraire traditionnelle gabonaise
Les rites funéraires occupent une place centrale dans les traditions bantoues du Gabon.

Le rite existe depuis toujours. Accompagner un défunt, entourer une famille en deuil, rendre hommage à celui qui s'en est allé : dans les sociétés bantoues, cette solidarité tient lieu de socle social. Personne ne la remet en cause.

Ce que dénonce l'auteur, c'est la dérive. Des obsèques transformées en démonstrations de faste, des sommes colossales englouties en quelques jours, parfois au détriment des soins que le défunt n'a pas reçus de son vivant. Le constat n'est pas nouveau au Gabon, mais rarement formulé avec cette franchise par une personnalité au parcours aussi établi.

Un paradoxe qui interroge

Comment justifier des cercueils importés à prix d'or, des cortèges démesurés, des veillées qui durent des jours, quand l'accès aux soins reste un combat quotidien pour beaucoup de familles ? La question, posée dans cette tribune, résonne au-delà du cercle funéraire. Elle touche à l'organisation même des priorités familiales et sociales.

L'auteur ne propose pas de sacrifier la tradition. Il appelle plutôt à un rééquilibrage : garder la dignité du dernier hommage, sans que celui-ci ne devienne un gouffre financier qui appauvrit les vivants pour honorer les morts.

Ce que ça change pour les familles

Cette réflexion, si elle trouve un écho, pourrait pousser à une prise de conscience collective. Beaucoup de Gabonais s'endettent pour des funérailles jugées « à la hauteur » du défunt, quitte à sacrifier l'épargne familiale ou les soins des proches restés en vie. Repenser ces pratiques, c'est potentiellement libérer des ressources pour la santé, l'éducation, l'avenir des vivants.

La tribune ne fixe pas de solution clé en main. Elle ouvre un débat que peu osent porter publiquement, venant d'un homme qui a occupé des fonctions de direction dans l'administration gabonaise. Reste à savoir si cette voix trouvera un relais dans les familles, les églises, les associations qui organisent ces cérémonies au quotidien.

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