Mangroves : le Gabon mise sur un centre international
Devant les députés, la cheffe de la diplomatie a défendu deux ratifications qui élargissent l'accès du pays aux financements internationaux.
Ce 2 octobre, au Palais Léon Mba, Marie-Edith Tassyla-Ye-Doumbeneny a porté devant la Commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale l'Accord de Samoa et la création du Centre international des mangroves. Deux textes qui prolongent vingt ans de partenariat avec l'Europe et ouvrent un canal de financement pour la protection du littoral gabonais.

L'audition a duré, mais le message a été direct. Devant les députés réunis au Palais Léon Mba, la ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, chargée de l'Intégration et de la Diaspora a défendu deux projets de loi de ratification. L'un sur l'Accord de Samoa, l'autre sur l'adhésion du Gabon au Centre international des mangroves, le CIM.
L'Accord de Samoa, vingt ans après Cotonou
Premier texte : la loi autorisant la ratification de l'Accord de Samoa. Ce cadre redéfinit les relations entre l'Union européenne et les États d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, après vingt ans de partenariat scellé à Cotonou. Pour Libreville, l'enjeu est concret : rester dans le jeu des financements européens, de la coopération économique et de l'intégration régionale.
Deuxième texte : la création du Centre international des mangroves. Les députés ont été saisis du dossier dans le cadre de l'examen parlementaire des accords internationaux. Objectif affiché : positionner le Gabon sur un dispositif dédié à ces écosystèmes côtiers, présents sur une large part du littoral national.
Ce que les mangroves changent pour le Gabon
Les mangroves ne sont pas qu'un décor. Elles protègent les côtes de l'érosion, servent de nurserie aux poissons et stockent du carbone en grande quantité. Cette dernière caractéristique ouvre la porte aux mécanismes de financement climatique, monétisables via la séquestration carbone. Le Gabon, qui abrite l'une des plus vastes surfaces de mangroves d'Afrique, y voit un levier économique.
L'adhésion au CIM vise donc deux objectifs : faire entendre la voix du pays dans la gouvernance mondiale de ces écosystèmes, et capter des financements pour leur préservation. Les députés devront encore examiner les deux textes en détail avant leur adoption définitive.
Et alors ?
Concrètement, la ratification de l'Accord de Samoa sécurise vingt ans de partenariat avec l'Europe, socle de nombreux programmes de développement. Celle du CIM place le Gabon dans un réseau international dédié aux mangroves, avec un accès potentiel à des financements climatiques. Pour les communautés côtières, notamment dans l'Estuaire et l'Ogooué-Maritime, c'est la promesse d'une meilleure protection d'un patrimoine qui nourrit et protège.
Deux signatures, donc. Deux portes qui s'ouvrent pour le pays dans un contexte où la mobilisation de ressources extérieures devient stratégique. La balle est désormais dans le camp des députés.
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