La CEMAC fiabilise enfin ses données énergie
Six pays, un seul système d'information : la CEMAC pose la brique qui manquait à sa planification énergétique.
Fini les décisions à l'aveugle. Réunis à Libreville, les six États de la CEMAC ont adopté le Système d'information énergétique communautaire (SIE-CEMAC) et une dizaine de résolutions pour le rendre opérationnel. Objectif : savoir précisément ce que la zone produit, consomme et importera demain.

Ce qui a été acté à Libreville
Les travaux sont terminés. Le 25 septembre, à Libreville, les ministres en charge de l'Énergie des six États membres de la CEMAC ont validé la création du Système d'information énergétique communautaire (SIE-CEMAC). Dans la foulée, une dizaine de résolutions ont été approuvées, avec une feuille de route précise pour la mise en œuvre.
Le principe est simple : jusqu'ici, chaque pays produisait ses statistiques dans son coin, avec ses méthodes et ses calendriers. Résultat, des chiffres difficiles à comparer, parfois contradictoires, sur lesquels reposaient pourtant des choix structurants : investissements, importations, interconnexions.
Pourquoi ça change tout
Un système commun, c'est d'abord une base de données partagée : production, consommation, capacités installées, échanges transfrontaliers. Les États, les opérateurs et les bailleurs puisent dans le même référentiel.
Concrètement, cela signifie qu'un projet de barrage, de centrale thermique ou de ligne électrique régionale pourra être évalué sur la même base qu'à Malabo ou N'Djamena. Une donnée fiable vaut mieux qu'un investissement mal calibré — surtout dans une zone où les besoins en électricité explosent et où les ressources gazières et hydrauliques sont inégalement réparties entre les six pays.
Le SIE-CEMAC s'inscrit dans la vision d'intégration énergétique régionale portée par la Communauté, qui veut mutualiser les moyens pour sécuriser l'approvisionnement de l'ensemble de l'espace.
Le Gabon en première ligne
C'est à Libreville que le dispositif a été scellé. Un signal fort : le Gabon, qui accueille régulièrement les grandes rencontres communautaires, se positionne comme acteur pivot de la coordination énergétique en Afrique centrale.
Pour les Gabonais, l'enjeu est direct. Un système d'information performant, c'est la capacité de mieux anticiper les besoins en électricité des ménages et des industries, de planifier les raccordements et d'éviter les coupures liées à une offre mal évaluée. C'est aussi un argument de poids pour attirer les financements internationaux, qui exigent désormais des données crédibles avant d'engager le moindre dollar.
Prochaine étape : le faire vivre
Le cadre est posé. Reste à alimenter le système en données régulières, à harmoniser les méthodes entre les six administrations et à outiller techniquement les services statistiques. La feuille de route adoptée fixe le tempo. Les ministres ont désormais un instrument ; aux experts de le faire tourner.
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