EN DIRECTL'actualité du Gabon en continu, vérifiée et mise en perspective.
← Société

L'IA en classe : ce que l'Unesco dit des facultés des étudiants

Une enquête mondiale de l'Unesco pointe un revers préoccupant : l'usage intensif de l'IA semble peser sur la mémoire et le raisonnement des étudiants, alors que la quasi-totalité des universitaires l'utilisent déjà.

L'intelligence artificielle a débarqué dans les amphis à une vitesse que personne n'a pu freiner. Et selon la deuxième enquête annuelle de l'Unesco, publiée à l'occasion de la Semaine de l'apprentissage numérique, cette défermante n'est pas neutre : le déclin des capacités cognitives est pointé du doigt. Le Gabon, qui numérise son campus, est directement concerné.

Étudiant travaillant sur un ordinateur, illustrant l'usage de l'IA dans l'enseignement supérieur au Gabon.
L'IA est entrée dans les amphis gabonais. L'Unesco alerte sur son usage non encadré.

93 % des universitaires interrogés par l'Unesco utilisent l'intelligence artificielle. L'adoption est quasi totale. Mais derrière ce chiffre, un signal d'alarme : selon l'organisation onusienne, le recours intensif à ces outils s'accompagne d'une baisse des capacités cognitives chez les étudiants qui les utilisent massivement.

Ce que dit l'enquête

Publiée à l'occasion de la première journée de la Semaine de l'apprentissage numérique, la deuxième enquête annuelle de l'Unesco sur l'IA dans l'enseignement supérieur s'appuie sur son réseau mondial de chaires. Premier constat : l'IA est partout, adoptée par 93 % des universitaires. Deuxième constat, plus gênant : mémoire, analyse, esprit critique — les facultés cognitives des étudiants qui s'appuient sur ces outils seraient en recul.

Les raisons avancées ? La délégation systématique des tâches intellectuelles à la machine. L'étudiant ne cherche plus l'information, il la demande à l'outil. Ne structure plus sa pensée, il la fait structurer. Résultat : les automatismes du raisonnement s'atrophient.

Pourquoi ça compte au Gabon

Le Gabon n'est pas spectateur. Les universités du pays, à commencer par l'Université Omar Bongo à Libreville, intègrent progressivement les outils numériques. La question n'est plus de savoir s'il faut de l'IA sur les campus, mais comment l'encadrer. Car un étudiant gabonais qui utilise l'IA sans méthode s'expose aux mêmes dérives que partout ailleurs.

L'enjeu est double. D'un côté, l'IA peut démocratiser l'accès au savoir : soutien scolaire, aide à la rédaction, correction automatique. De l'autre, elle peut creuser un écart silencieux entre ceux qui savent s'en servir et ceux qui s'y soumettent.

À retenir

L'Unesco ne demande pas de bannir l'IA. Elle pointe un risque : celui d'une génération qui sait prompte mais ne sait plus penser. Face à ce constat, la réponse logique est l'encadrement : former les enseignants, former les étudiants, encadrer les usages. Une école gabonaise qui apprend le bon usage de l'IA garde ses étudiants dans le jeu. Une école qui la laisse se diffuser sans cadre risque de perdre précisément ce qu'elle est censée construire : des têtes qui savent réfléchir par elles-mêmes.

À lire aussi