Intérieur : Edgard Moukoumbi promet une police assainie
Le nouveau ministre de l’Intérieur a pris ses fonctions et annoncé ses priorités : transparence, exemplarité, lutte contre la criminalité transfrontalière.
Nommé le 11 octobre 2026 et installé la veille de la prise de service, Edgard Moukoumbi hérite du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation. À 48 heures d’intervalle, il a décliné sa feuille de route et reçu un mandat clair : assainir la police, restaurer l’autorité de l’État et réformer l’administration territoriale.

Un passage de charges sans zone d’ombre
La cérémonie s’est tenue sous la présidence du secrétaire général du gouvernement, Abdu Razzaq Guy Kambogo, qui a appelé la nouvelle équipe à la rigueur. Edgard Moukoumbi succède à Adrien Nguema Mba, à la tête de l’un des ministères les plus exposés du pays.
Son pedigree rassure : ancien ministre des Travaux publics et de la Construction, il a piloté des chantiers structurants avant de basculer dans le régalien. Un profil de bâtisseur, habitué aux délais serrés et aux budgets sous contrôle.
Les trois chantiers prioritaires
Premier dossier : la transparence. Edgard Moukoumbi veut poser des règles claires dans la gestion des services centraux et déconcentrés. Deuxième : l’exemplarité, un mot qui revient comme un leitmotiv dans un pays où la confiance envers les forces de l’ordre reste fragile.
Troisième : la lutte contre la criminalité transfrontalière. Le Gabon partage des milliers de kilomètres de frontières avec des voisins où circulent trafics et réseaux criminels. Le port de Libreville et les axes du Woleu-Ntem restent les points chauds.
Un bulldozer pour la police
Le remaniement du 11 octobre 2026 a été présenté comme un choix stratégique par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. La mission est limpide : restaurer l’autorité d’une institution policière bousculée par des affaires et des dysfonctionnements.
Edgard Moukoumbi devra conduire les réformes territoriales en parallèle des chantiers sécuritaires. La décentralisation, dossier sensible, touche directement les collectivités locales et la gouvernance de proximité.
Ce que ça change pour les Gabonais
Un ministère de l’Intérieur qui fonctionne, c’est une police qui répond, un état-civil qui délivre, des préfets qui arbitrent les conflits de proximité. Concrètement, les Gabonais attendent moins de files d’attente inutiles, plus de sécurité dans les quartiers, et une administration qui ne demande pas de « motivation ».
L’équation est simple : un ancien poids lourd des Travaux publics, réputé pour sa rigueur, arrive avec le mandat politique le plus fort de la période. Les prochaines semaines diront si le bulldozer tient ses promesses.
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