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Insalubrité : le Grand Libreville a 90 jours pour changer

Quatre communes, une seule feuille de route : les maires ont 90 jours pour nettoyer la capitale, faute de quoi les sanctions tomberont.

Fini les campagnes de sensibilisation sans suite. Le Grand Libreville passe à l'offensive contre l'insalubrité : une feuille de route commune, des opérateurs coordonnés et un ultimatum de 90 jours. Mais les maires qui promettent des résultats devront aussi convaincre des habitants qui, depuis des années, jettent leurs ordures dans des caniveaux bouchés.

Caniveau bouché par des déchets plastiques dans un quartier de Libreville
À Libreville, des caniveaux bouchés par les ordures transforment les rues en égouts à ciel ouvert.

Le Grand Libreville passe à l'ultimatum

Bouteilles en plastique dans les caniveaux, eaux stagnantes, montagnes de déchets devant les maisons : la capitale étouffe. Selon plusieurs sources concordantes, les maires des quatre communes du Grand Libreville viennent de s'accorder sur une feuille de route commune : 90 jours pour produire des résultats visibles.

Fini les plans sur papier. Quatre communes, plusieurs opérateurs de collecte, une coordination unique. L'objectif est clair : que les habitants voient la différence dans leurs quartiers.

Pourquoi sanctionner ne suffira pas

L'État veut durcir le ton. Après des années de sensibilisation sans effet, l'idée de sanctionner les comportements inciviques gagne du terrain. Une évolution logique. Mais un problème demeure.

Peut-on demander aux Gabonais de ne plus jeter leurs déchets n'importe où quand le ramassage lui-même est défaillant ? La question est posée par plusieurs observateurs. Sans amélioration du service public de gestion des déchets, les sanctions risquent de punir des citoyens qui n'ont parfois pas d'autre solution.

Le constat est simple : l'insalubrité n'est pas qu'un problème de civisme. C'est aussi un problème de collecte, de décharge, de logistique.

L'incivisme, ce fléau silencieux

Des caniveaux transformés en égouts à ciel ouvert. Des dépôts sauvages qui prolifèrent. À Libreville, Port-Gentil ou Oyem, l'insalubrité n'est plus un accident : elle s'est installée dans les habitudes, presque dans le paysage.

Les autorités le savent. Elles parlent désormais d'une crise du civisme. Mais elles savent aussi que la solution ne viendra pas que des mairies. Elle viendra de la rencontre entre un service de collecte qui fonctionne et des habitants qui reprennent leurs responsabilités.

Ce qui change concrètement

Les 90 jours ne sont pas une promesse en l'air. C'est un calendrier. Les maires du Grand Libreville seront jugés sur des résultats : voir si les tas d'ordures reculent, si les caniveaux respirent, si les quartiers changent de visage.

Pour les Gabonais, l'enjeu est direct : moins de maladies liées à l'eau stagnante, des rues praticables, un cadre de vie qui ne se dégrade plus chaque saison des pluies.

La balle est dans le camp des mairies. Mais aussi dans celui de chaque habitant.

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