Gasoil : les pompes de nouveau pleines dès dimanche dans le Grand Libreville
Réserves de la SGEPP mobilisées, rationnement temporaire et navire d'importation attendu : la distribution du gasoil doit repartir à la normale ce dimanche 4 octobre dans le Grand Libreville.
Depuis le 30 septembre, le gasoil manquait dans plusieurs stations du Grand Libreville, limitées à 10 000 F par véhicule. L'État a actionné ses réserves et attend un navire d'importation dans la nuit : le retour à la normale de la distribution est annoncé à compter du dimanche 4 octobre.

Depuis le 30 septembre, les automobilistes du Grand Libreville font la queue pour du gasoil. Plusieurs stations sont à sec, et les ventes sont limitées à 10 000 F par véhicule. Une tension réelle, mais pas une fatalité : l'État a enclenché la machine.
Ce que l'État a décidé
Le ministère du Pétrole et du Gaz a mis les choses au clair dans un communiqué daté du 2 octobre : cette tension est « consécutive à une diminution des stocks disponibles au niveau des marketeurs ». Autrement dit, les distributeurs n'avaient plus assez de stock pour tenir la cadence.
Réponse immédiate, en trois volets. Les réserves stratégiques de la SGEPP sont mises à disposition. Le rationnement temporaire à 10 000 F par véhicule est maintenu pour éviter la panique et les razzias. Et la Sogara travaille en coordination avec les distributeurs pour réapprovisionner au plus vite.
Le reste est une question d'heures : un navire d'importation était attendu dans la soirée du samedi 3 octobre. L'État annonce un retour à la normale de la distribution à compter du dimanche 4 octobre. Pas de mystère ni d'improvisation : le carburant arrive, les stocks remontent, les pompes suivent.
Un prix qui ne bouge pas
C'est la donnée qui compte pour le porte-monnaie : au Gabon, les prix à la pompe sont inchangés depuis le 1er janvier 2024. L'essence à 595 F le litre, le gasoil à 575 F. En janvier 2024, les deux carburants avaient même baissé de 10 F le litre, et la bouteille de gaz de 12 kg était passée de 5 950 à 4 950 F, sur instruction du chef de l'État.
Malgré un contexte mondial brutal — détroit d'Ormuz bloqué depuis le 28 février 2026, gasoil +59 % sur le marché mondial de mars à août, Brent au-dessus de 100 dollars — le prix à la pompe n'a pas suivi. L'État absorbe l'écart : la subvention carburants a été portée de 12 à 55,3 milliards F CFA dans la loi de finances rectificative 2026.
Et le Gabon reste l'essence la moins chère de la CEMAC : 595 F contre 645 F en Guinée équatoriale, 700 F au Tchad, 775 F au Congo, 840 F au Cameroun et 1 150 F en Centrafrique. Un gasoil importé coûte 975 F le litre au Cameroun en octobre 2026 ; son coût réel atteint 1 044 F au Sénégal, pour un prix de vente de 575 F au Gabon.
Le fond du dossier
La panne de stock n'est pas un accident isolé. La Sogara, seule raffinerie du pays, tourne depuis 1967 et traite environ 1,2 million de tonnes par an, quand le Gabon a produit 11,1 millions de tonnes de brut en 2025. Le complément est importé. D'où la vigilance.
La réponse de fond est engagée. Un accord du 14 octobre 2025 avec China Road and Bridge Corporation prévoit une nouvelle raffinerie à Port-Gentil. Deux contrats d'études, dont 4 bacs de stockage, ont été confiés à Technip Energies le 14 avril 2026. L'audit de la Sogara est lancé depuis août 2026.
Autre chantier : mieux cibler l'aide. Selon la Banque mondiale, 96 % de la subvention profite à la moitié la plus aisée de la population. Le Registre social unique, lancé le 29 juillet 2026, et le recensement des Gabonais économiquement faibles engagé en septembre 2026 doivent y remédier.
Ce qu'il faut retenir
Dimanche, les pompes du Grand Libreville doivent retrouver leur rythme normal. Les réserves de la SGEPP sont mobilisées, le navire arrive, la Sogara suit. Les prix, eux, restent inchangés depuis janvier 2024 — et le Gabon conserve l'essence la moins chère de la CEMAC.
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