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État civil : le Gabon lance la machine pour l'après-citoyens invisibles

Un atelier multisectoriel de dix jours ouvre la voie aux assises nationales qui doivent sortir des milliers de Gabonais de l'invisibilité administrative.

À Nkok, les administrations de la Justice, de l'Intérieur, de la Santé et de l'Économie numérique planchent depuis lundi sur les assises nationales de l'état civil. Objectif affiché : que plus aucun Gabonais ne reste sans papier, sans identité légale, sans accès aux services de base.

Salle de réunion à Nkok lors de l'ouverture de l'atelier sur l'état civil
Ouverture à Nkok de l'atelier préparatoire aux assises nationales de l'état civil.

Le constat est connu, mais il est cette fois posé sur la table d'un atelier officiel. Des Gabonais vivent sans acte de naissance, sans carte d'identité, sans possibilité d'inscrire un enfant à l'école ou de faire valoir un droit. On les appelle les citoyens invisibles. Le pays a décidé de s'attaquer au problème par la racine.

Le secrétaire général du ministère de l'Intérieur, Malcom Emery Djenno Ngomanda, a ouvert lundi à Nkok les travaux de l'atelier multisectoriel préparatoire aux assises nationales de l'état civil et à l'opérationnalisation du Centre national d'état civil, le CNEC. Dix jours de travaux. Quatre administrations autour de la table : Justice, Intérieur, Santé, Économie numérique.

Un chantier adossé à Gabon Digital

Ces assises s'inscrivent dans la composante 2 du programme Gabon Digital. Traduction simple : l'état civil gabonais doit passer du registre papier aux registres numériques, et le pays veut que chaque naissance soit enregistrée, chaque identité vérifiable, chaque document retrouvable.

Concrètement, l'atelier doit préparer le terrain des futures assises nationales. Les experts réunis à Nkok planchent sur les réponses à apporter aux difficultés d'identification légale d'une partie de la population. Le CNEC, lui, doit devenir l'organe central qui pilote cette refonte.

L'enjeu dépasse largement la paperasse. Sans acte de naissance, pas de carte d'identité. Sans carte d'identité, pas d'examen scolaire, pas de compte bancaire, pas de soins dans de bonnes conditions, pas de vote. Une partie des citoyens reste hors du système, et l'État veut tarir ce gisement d'exclusions.

Ce que ça change pour les familles

Pour un parent qui court depuis des années après un jugement supplétif, la perspective est tangible : un circuit identifié, un centre unique, une chaîne numérique qui doit réduire les allers-retours et les intermédiaires. L'opérationnalisation du CNEC doit poser les fondations de cette simplicité.

Le choix de réunir Santé, Justice, Intérieur et Économie numérique dit une chose : l'état civil n'est plus l'affaire d'un seul ministère. Santé, parce que les naissances se déclarent à l'hôpital. Justice, parce que les décisions juridiques fondent l'identité. Intérieur et Numérique, parce que les registres et leur digitalisation relèvent d'eux.

Dix jours pour préparer la suite. Les assises nationales devront ensuite fixer le calendrier, les moyens et les étapes de cette réforme. À Nkok, la machine de l'état civil nouvelle génération vient de démarrer.

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