Émergence économique : ce que le Gabon doit encore franchir
Un économiste gabonais pose les vrais critères d'un pays émergent — et la marche qu'il reste à gravir.
Qu'est-ce qu'un pays émergent, concrètement ? Derrière le mot, des critères précis : revenus, industrie, finances solides. Un économiste gabonais décrypte — et situe le Gabon face à l'objectif.

Le mot « émergent » revient partout. Mais que dit-il vraiment ? Un économiste gabonais, Georges Ateme MBA NDONG, a posé la question noir sur blanc dans une tribune : l'émergence n'est pas un slogan, c'est une notion technique que les économistes mesurent.
Sa réponse tient en une idée : un pays émergent a franchi un cap. Pas seulement produit de la richesse, mais transformé sa façon d'en produire.
Les critères qui font la différence
Pour un économiste, un pays émergent se reconnaît à un revenu par habitant en hausse durable, une économie qui s'industrialise au lieu d'exporter brut, des institutions financières solides et un marché intérieur qui consomme.
Autrement dit : moins de rente subie, plus de valeur ajoutée produite sur place.
La tribune s'appuie sur ceux qui ont franchi le cap : Afrique du Sud, Égypte, Brésil, Argentine, Inde, Taïwan, Émirats arabes unis, Arabie saoudite. Des trajectoires différentes — mais un point commun : l'économie a changé de nature.
Et le Gabon dans tout ça ?
Le pays a des atouts que beaucoup n'ont pas. Un revenu par habitant parmi les plus élevés d'Afrique centrale, une stabilité monétaire adossée à l'euro, des infrastructures et une position stratégique sur le golfe de Guinée.
Ce qui reste à franchir tient à la transformation locale des richesses : bois, manganèse, pétrole. Produire sur place plutôt qu'exporter brut, c'est ce qui crée des emplois durables et élargit la classe moyenne.
C'est tout l'enjeu des politiques de contenu local et de diversification menées aujourd'hui — et ce sur quoi se jouera la prochaine décennie.
Ce qu'il faut retenir
L'émergence n'est pas un titre qu'on décrète. C'est un cap qui se mesure : revenus, industrie, finances, consommation interne. Quatre compteurs. Le Gabon en coche déjà certains. Les autres se gagnent sur le terrain de la transformation.
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