Eau : 21 agents assermentés pour traquer les fraudeurs
La Direction générale de l'eau se dote d'une police de terrain pour contrôler les compteurs et protéger la ressource.
Vingt et un agents de la Direction générale de l'eau viennent de prêter serment. Objectif : contrôler les installations, traquer les branchements illégaux et sécuriser une ressource de plus en plus sous pression au Gabon.

Ils sont désormais habilités à verbaliser. 21 agents de la Direction générale de l'eau ont prêté serment, rejoignant le corps des agents assermentés chargés de faire respecter la réglementation du secteur. La décision s'inscrit dans les instructions du président de la République visant à assainir la gouvernance des secteurs stratégiques, et dans le prolongement direct du ministère de l'Accès universel à l'Eau et à l'Assainissement.
Ce que ces agents peuvent faire
Un agent assermenté n'est pas un simple agent de terrain. Il peut dresser des procès-verbaux, constater une infraction et engager une procédure à l'encontre d'un contrevenant. Concrètement, ces 21 agents pourront contrôler les compteurs, vérifier la conformité des raccordements, détecter les branchements sauvages et les prélèvements non déclarés.
Le champ est large : réseaux urbains, forages privés, camions-citernes, sites industriels et agricoles. Autant de points où l'eau est pompée ou détournée sans que personne ne puisse aujourd'hui le sanctionner.
Le vrai enjeu : l'eau qui disparaît
Chaque année, une part importante de l'eau produite au Gabon ne parvient jamais au robinet du consommateur. Fuites sur des réseaux vieillissants, raccordements clandestins, forages non autorisés : le manque à gagner pèse à la fois sur les finances du service public et sur la ressource elle-même. Dans les quartiers périphériques de Libreville, les coupures répétées et la pression en berne alimentent précisément les raccordements pirates.
Réduire ces pertes, c'est mécaniquement plus d'eau disponible pour les ménages déjà raccordés — sans construire une seule nouvelle usine.
Assermenter, c'est donner les moyens d'agir
Sans serment, un agent constate mais ne sanctionne pas. Il rédige un rapport, qui dort. Avec le serment, la même observation devient une infraction opposable, susceptible d'amende ou de mise en conformité sous contrainte. C'est ce basculement juridique qui donne son sens à l'opération annoncée.
Le nombre en dit aussi long : 21 agents pour l'ensemble du territoire, c'est un début, pas un maillage complet. Leur déploiement effectif, zone par zone, conditionnera le résultat. Le calendrier et la cartographie des contrôles restent à préciser.
Ce qui change pour vous
Pour l'abonné en règle, rien à craindre : ce renforcement vise d'abord les prélèvements illégaux qui privent le réseau de sa pression. Pour les fraudeurs, le message est clair — le robinet de l'impunité se referme. La prochaine étape logique : la publication du cadre d'intervention de ces agents, puis les premiers procès-verbaux. C'est là qu'on mesurera si le serment se traduit en litres d'eau récupérés.
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