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Politique

Criminalité transfrontalière : le Gabon veut réécrire son code pénal

Le ministre de la Justice et l'ONUDC posent les bases d'une justice spécialisée contre les trafics environnementaux.

Le garde des Sceaux Augustin Emane a reçu jeudi une délégation de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime. Au menu : réviser le code de procédure pénale et créer une juridiction spécialisée pour mieux combattre les trafics liés aux ressources naturelles.

Poignée de main entre responsables lors d'une audience officielle au ministère de la Justice
Le ministre de la Justice Augustin Emane a reçu une délégation de l'ONUDC pour évoquer la réforme du code pénal.

Une audience discrète, jeudi après-midi, mais aux implications concrètes. Augustin Emane, ministre de la Justice, a reçu Aliou Sall, chef du bureau de l'ONUDC, accompagné de Sérigne Assane Dramé, coordonnateur régional du programme mondial sur les crimes contre l'environnement.

Un vide juridique à combler

Le constat est net : le code de procédure pénale gabonais n'est pas armé pour prévenir la criminalité transfrontalière, qu'elle soit maritime ou environnementale. Trafic de bois, braconnage, atteintes aux aires protégées : les textes actuels peineraient à suivre des réseaux qui, eux, opèrent sans frontières.

Les deux parties ont évoqué la nécessité de réécrire certaines dispositions du code. Objectif affiché : démanteler les réseaux et faire condamner leurs auteurs, pas seulement les intercepter.

Une juridiction spécialisée à l'étude

Autre piste discutée : la création d'une juridiction dédiée, capable de traiter ces dossiers complexes avec des compétences renforcées. L'idée est de mettre en cohérence les textes et les compétences judiciaires pour que les procédures ne s'enlisent plus faute d'outils adaptés.

L'ONUDC propose son appui : formation des magistrats, renforcement des capacités de la chaîne pénale, et appui juridique pour bâtir un dispositif de prévention autour des aires protégées.

Ce que ça change pour le Gabon

Pour l'instant, il s'agit d'échanges, pas de texte de loi voté. Augustin Emane s'est dit prêt à poursuivre les discussions avec l'organisation onusienne. Rien n'indique encore un calendrier précis de réforme.

Mais l'enjeu dépasse la seule technique juridique. Le Gabon, gardien d'une bonne partie du bassin forestier du Congo, est régulièrement cité comme cible de trafics de bois précieux et d'espèces protégées. Une justice mieux équipée pourrait changer la donne pour les gestionnaires de parcs et les communautés qui vivent près des zones protégées, souvent en première ligne face à ces réseaux.

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