Corruption en Afrique : l'UA appelle à agir « maintenant »
Le président de l'Union africaine dénonce une « gangrène » qui freine le développement du continent.
L'Union africaine hausse le ton contre la corruption. Ce samedi, jour anniversaire de la Convention de Maputo, son président Évariste Ndayishimiye a appelé les États africains à passer aux actes. Un message qui résonne aussi pour le Gabon, engagé dans sa propre bataille contre les détournements de fonds publics.

Un cri d'alarme le jour anniversaire de Maputo
C'était le 11 juillet 2003. Ce jour-là, les chefs d'État africains signaient à Maputo une convention censée armer le continent contre la corruption. Vingt-trois ans plus tard, l'Union africaine constate que le combat reste entier.
Samedi, à l'occasion de la Journée africaine de lutte contre la corruption, le président de l'UA, Évariste Ndayishimiye, également chef de l'État burundais, a qualifié la corruption de « gangrène ». Selon lui, ce fléau « mine les efforts de croissance et compromet l'avenir des nations africaines ».
Pourquoi ce sujet parle au Gabon
Le message tombe à un moment où le Gabon multiplie les annonces sur la gouvernance et la lutte contre les détournements de fonds publics. Des dossiers emblématiques ont été rouverts ces derniers mois, et l'exécutif gabonais a fait de la transparence financière un axe affiché de son action.
L'appel de l'UA ne fixe pas d'obligations nouvelles pour les États membres. Mais il rappelle une évidence : sans confiance dans la gestion publique, pas d'investissements, pas d'aide internationale durable, pas de croissance solide. Pour un pays comme le Gabon, qui cherche à diversifier son économie au-delà du pétrole, cette confiance est un levier concret.
Ce que dit vraiment la Convention de Maputo
Adoptée en 2003, la Convention de l'Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption engage les États signataires à renforcer leurs mécanismes de contrôle, à protéger les lanceurs d'alerte et à faciliter la coopération judiciaire entre pays africains pour traquer les biens mal acquis.
Sur le papier, le texte est solide. Dans les faits, son application reste inégale selon les pays. C'est précisément ce décalage que l'UA pointe aujourd'hui, en exhortant les gouvernements à transformer les engagements signés en résultats mesurables.
Et maintenant ?
Aucune mesure contraignante n'accompagne cette déclaration. Il s'agit d'un appel politique, pas d'une sanction. Reste à savoir si les États, dont le Gabon, traduiront ce message en actions vérifiables : audits publics, poursuites judiciaires abouties, restitution d'avoirs. Le prochain rendez-vous continental sur le sujet permettra de mesurer les avancées réelles.
À lire aussi
À la uneOligui Nguema à Paris : l'ambassade veut un accueil grandiose
Une visite d'État de Brice Clotaire Oligui Nguema en France se prépare dans les coulisses diplomatiques. Selon nos informations, l'ambassadeur Alfred Nguia Banda pousserait pour un accueil exceptionnel, à la mesure du rapprochement affiché entre Libreville et Paris. Un projet encore à confirmer, qui traduit néanmoins l'ambition gabonaise sur la scène internationale.

RGPL : 6 Gabonais sur 10 vivent dans l’Estuaire
Selon les premières données évoquées du Recensement général de la population et des logements (RGPL), la province de l'Estuaire abriterait près de **60% de la population gabonaise**. Un déséquilibre démographique qui confirme, chiffres à l'appui, ce que Libreville vit déjà au quotidien : embouteillages, pression sur le logement, écoles saturées. Ces données restent à confirmer par des recoupements officiels.

Koulamoutou : à 102 ans, ce doyen reçoit la visite d'une association locale
Michel Makoti, 102 ans, est le plus vieil habitant de Koulamoutou. Ce week-end, l'association CRACK lui a rendu visite et remis des produits de première nécessité. Un geste de solidarité envers un témoin vivant de l'histoire du Gabon.