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Carburants : 30 milliards FCFA par mois pour tenir les prix à la pompe

La crise au Moyen-Orient fait exploser la facture pétrolière de l'État gabonais, qui cherche de nouvelles marges pour financer santé et éducation.

Le Gabon a déboursé 30 milliards de FCFA en septembre pour bloquer la hausse des prix des carburants. Un coût qui grimpe sous l'effet des tensions au Moyen-Orient, et qui pousse l'État à repenser la façon dont il protège le pouvoir d'achat des Gabonais.

Station-service au Gabon avec automobilistes faisant le plein de carburant
Les prix à la pompe restent stables au Gabon grâce au mécanisme de stabilisation des produits pétroliers.

Trente milliards de FCFA. C'est ce que l'État gabonais a sorti de ses caisses en septembre pour empêcher les prix à la pompe de flamber. Le chiffre a été arrêté lors du Conseil des ministres du 8 octobre.

Dans le même temps, les cours du pétrole brut s'envolent sur les marchés internationaux, chauffés par la crise au Moyen-Orient. Plus le baril grimpe, plus l'écart entre le prix réel et le prix affiché à la pompe se creuse. Et plus la facture tombe sur le budget de l'État.

Ce que ce mécanisme change pour vous

Le dispositif de stabilisation des prix des produits pétroliers existe pour une raison simple : éviter que chaque secousse mondiale se retrouve directement dans le portefeuille des Gabonais. Sans lui, un plein d'essence à Libreville suivrait la même courbe que les cours du brut. Les automobilistes, les taxis, les transporteurs de marchandises, les pêcheurs et les revendeurs de gaz butane seraient les premiers touchés.

Ce bouclier a donc un coût. 30 milliards de FCFA en un seul mois, un niveau que le pays ne peut pas absorber indéfiniment, surtout dans un contexte de tensions sur les marchés internationaux.

Santé, école, pauvreté : où trouver l'argent

Le gouvernement envisage désormais de réduire la voilure sur les subventions aux carburants. Pas pour économiser par principe, mais pour rediriger ces sommes vers des priorités plus directement utiles au quotidien : la santé, l'éducation et la lutte contre la pauvreté. Le raisonnement se tient : un milliard injecté dans un centre de santé ou une salle de classe produit un effet plus large qu'un milliard qui compense un baril de brut trop cher.

Plusieurs pistes sont à l'étude. Un ciblage plus fin des bénéficiaires de la subvention, une révision progressive des mécanismes de compensation ou un étalement dans le temps. Chaque option vise le même objectif : soulager les finances publiques sans casser net le pouvoir d'achat.

Le point sensible

La pompe reste un sujet éminemment sensible. Toute réforme qui touche au prix du carburant se répercute vite : sur les transports en commun, sur le prix des denrées acheminées depuis le port, sur la vie quotidienne dans les quartiers de Libreville comme dans les villages de l'intérieur.

C'est pourquoi l'État parle pour l'instant d'« envisager », pas de décider. Le Conseil des ministres a posé le constat, pas encore l'arbitrage. La suite dépendra de l'évolution des cours mondiaux et des marges de manœuvre budgétaires.

Une chose est claire : maintenir les prix stables a un prix. Le Gabon devra choisir comment il partage cet effort, sans laisser les plus fragiles au bord de la route.

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